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Le Projet TOGOUNA

L'association a été crée le 27 février 2007 à Landisacq par Claude Michel et quelques amis : Mathilde Fourez-Guyomarch, Martine Suchecki.


Objet de l'association

mali-2006-233.jpg                   Le village de Songho


Ce texte a été écrit dans les mois qui ont suivis le voyage d'août 2006, il a été écrit comme un coup de coeur.( voyage culturel au Mali organisé par une association culturelle parisienne «  Kalédoïk-Découvertes (K-D) ») . Ce voyage a été piloté par mon fils Renaud. J‘ ai parcouru la partie sud de ce pays ( le cercle de Bandiagara) durant quinze jours, en randonnant de village en village, en suivant les pistes de rocailles ou de sable sous la conduite de guides professionnels ( Luc et Seydou) et de conseillers culturels locaux ( Nouhoum et Etienne ) .

Je suis revenu très marqué par ce voyage...

…fasciné par la beauté et la force des paysages. Le Pays Dogon, grand comme un département français, classé patrimoine de l’humanité, est une terre africaine magnifique. A la saison des pluies ( juillet-août-septembre), c’est une vaste zone verdoyante, s’étendant de part et d’autre d’une longue falaise en arc d’une centaine de km de long : à l’est, un haut plateau rocailleux ; à l’ouest, le Sahel à perte de vue ; au centre, une haute falaise de grès rose de 200 à 400 m de hauteur, criblée d’habitations troglodytes aujourd’hui inoccupées (vestiges des Tellems) et supportant à la base de superbes petits villages en banco ocre, foyers d’une intense activité agricole, artisanale, familiale ou religieuse. Les zones de terre ou même de sable sont cultivées minutieusement pour nourrir la population ( mil, maïs, riz, sorgho, oignons ) . Les zones rocailleuses demeurent le domaine des plantes médicinales et des baobabs. Chaque village, complexe enchevêtrement de concessions familiales, s’organise autour des bâtiments typiques du pays dogon : la togouna ( maison à palabres ), la maison des femmes menstruées, les bâtiments à caractère religieux ( la guina animiste, l’église chrétienne, la mosquée musulmane), les ateliers d’artisans ( forgerons, tisserand(e)s, sculpteurs, teinturières.. ) . En périphérie, on découvre les espaces réservés pour les sacrifices, pour le marché ( qui a lieu tous les cinq jours) ou pour les danses rituelles. Parfois, dans les plus gros villages, un peu à l’écart, une austère école primaire en pierre du pays et en tôle ondulée chauffée sous le soleil, dont la construction a été la plupart du temps financée par les «touristes ». Les habitants, se déplacent à pied, en charrettes tirées par des vaches et pour les plus riches, en motos. On voit passer quelques rares touristes en 4/4.

…étonné par la convivialité et la jovialité des habitants. Partout, le toubab ( l’homme blanc) est bien accueilli. Il faut dire qu’il apporte argent et espoir. Les conversations sont très faciles. Que l’on se déplace à pied ou en charrette, il est impensable de rencontrer un autochtone sans lui adresser la parole. On prend le temps de parler, longuement, dans un temps un peu immobile suivant le cours du soleil. Les gens adorent parler aux français et parler français. Ils rêvent la France comme d'une terre promise, ne voulant rien entendre des déboires qui attendent les immigrés.

 

mali-2006-045.jpg
Falaise et vue sur le sahel
mali-027.jpg
Danses rituelles des masques à Djimibombo


…interpellé par l’extrême dénuement de la population...

- le dénuement sanitaire. Dans les villages, les équipements sont inexistants ou embryonnaires. Peu ou pas de médicaments, seulement les plantes traditionnelles dispensées par les chasseurs-guérisseurs. Quelques dispensaires sous-équipés où viennent mourir quelques cas désespérés. L’espérance de vie est de 46 ans. La circoncision des garçons est pratiquée dans des conditions d'hygiène limite. L’excision des filles, malgré l’interdiction gouvernementale, est dramatiquement pratiquée encore à 80%. Le sida, malgré des actions d’information, commence à envahir les campagnes mais n’est pas clairement identifié et reste un sujet tabou.

…le dénuement éducatif. Le taux de scolarisation au Mali est un des plus faibles du monde: 30 %. Des sortes de hangars vides en guise d’écoles. A l’intérieur, un seul tableau fait face à des tables vétustes qui peuvent dater de la colonisation. Des classes surpeuplées avec une alternance de deux services par jour. Dans le meilleur des cas, un panneau solaire assure l’éclairage du deuxième service. Des élèves pourtant sont avides de savoir et très motivés pour apprendre. Souvent, ils font 8 k à pied le matin avec une bouillie de mil dans le ventre pour se rendre à l’école. Les parents les retiennent quand ils sont utiles aux travaux des champs.

- dénuement économique. La plupart des habitants des villages ( 80%) vivent principalement de ce qu’ils cultivent ou de ce qu’ils fabriquent. L’alimentation est le souci prioritaire. Le mil, le riz, les oignons ( apportés par le célèbre ethnologue Marcel Griaule) , toujours accommodés avec raffinement, sont les aliments de base. Quand les criquets dévastent les cultures, c’est la disette. La population est en moyenne très jeune. Tout le monde travaille à tour de rôle (homme, femmes, enfants) . Il faut savoir que certains hommes ont trois ou quatre femmes et chaque femme 6 à 8 enfants…Mais ce n’est pas la majorité. Cela forme de vastes communautés rassemblées dans des concessions où les vieux continuent non seulement de vivre mais encore de diriger (les vieux sont très respectés) , où les veuves les orphelins sont systématiquement recueillis. L’entraide est la règle et ne souffre aucune exception.. Il y a quelques métiers de services, surtout autour du tourisme. Les villages commencent à installer des campements au confort rudimentaire. Par comparaison avec la France, le SMIC malien est à 30 euros par mois ( 20 000 F CFCA) . Un instituteur gagne 50 à 75 euros par mois. On comprend pourquoi tous les Maliens veulent venir en France, même au péril de leur vie, et réitèrent les tentatives échouées : leur rêve est de pouvoir envoyer à leurs familles quelques poignées d’euros, ce qui, là bas, représente une véritable fortune et permet de faire vivre des familles entières.


Je suis rentré de ce pays bouleversé. En retrouvant la France, j’ai réalisé à quel point nous étions des nantis, vivant dans l’abondance et le luxe. Nos enfants jouent avec des gamme boys à 150 euros. Les enfants maliens jouent avec les pneus qu’ils font rouler comme des cerceaux autour des marigots. Nous balançons nos bouteilles de plastiques dans les décharges. Les dogons les récupèrent pour y verser la précieuse bière de mil. Nous avons trois télés par maison. Les Dogons des villages n’ont ni eau courante ni l’électricité. Seuls les plus riches peuvent se payer un panneau solaire ou un groupe électrogène. Les équipements collectifs de base ( puits, écoles, dispensaires) proviennent la plupart du temps de l’aide humanitaire. Les habitants s'indignent sans cesse de que le gouvernement fasse si peu pour eux.

mali-2006-074.jpg           Le village de Teli

suite


Date de création : 30/05/2010 @ 09:00
Dernière modification : 27/02/2011 @ 09:11
Catégorie : - Le Pays DOGON : le projet associatif TOGOUNA
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